Un « Concours d’Art Cousu », la bonne idée !

Le truc bien avec les petits défis en général, c'est que ça vous fait réfléchir « sous la contrainte » ce qui produit souvent des résultats très inventifs. Un peu comme ces fous-fous de l’Oulipo avec l’écriture sous contrainte.

Ce qui est encore mieux dans ce défi en particulier, c’est qu’il permet de mélanger plusieurs disciplines. Et moi, j’adore ça !

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En effet, je me suis déjà essayée à créer des bijoux à partir de mes croquis, interpréter une belle esseulée de Hopper en mosaïque, ou encore à faire pousser un arbre de vie à partir de tickets de cinéma

Cette fois-ci, je prenais le sujet par un bout jamais exploré jusqu’alors (rien de sexuel là-dedans…) : Pourquoi ne pas faire de la mosaïque avec des fils ?

Pour l’inspiration, je n’ai pas eu besoin d’aller chercher très loin, mon idole étant tout trouvé : Odorico (père ET fils, qui se prénommaient tous les deux « Isidore » ce qui est tellement plus simple…) Une dynastie de mosaïstes d’origine italienne venus s’installer à Rennes fin 19ème et qui ont déployé leur art dans tout le grand Ouest en décorant de mosaïques des façades de bâtiments publics, de commerce de quartier ou encore d’immeubles d’habitation.

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Le travail et les recherches du fiston furent florissants, inspirées à la fois d’Art Nouveau et de Japonisme dans lequel il baignait dans les années 30.

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Et pour ne pas m’éparpiller dans mon projet, j’ai choisi de me focaliser sur deux caractéristiques particulières du travail d’Odorico : les formes (ici des ronds / cercles, assez facile à retrouver en textile/couture ) et les matières (un peu plus balèze de retranscrire la brillance...) En fait, le vrai défi de ce projet était là !

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Pour le concours, j’ai choisi une tenue composée d’une jupe (presque) cercle issue du magazine Burda Classics de l’hiver dernier (que je détaillerai bientôt) et d’une ceinture brodée par mes soins. J’ai réalisé le tout dans un coupon de tissu kaki « qu’on dirait bien que c’est de la soie sauvage mais que ça m’étonnerait vu le prix que je l’ai payé»…

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Les techniques utilisées sont les suivantes :

  1. Pose de tulle noir parsemé de toutes petites paillettes (déniché chez Toto un jour où je pensais qu’il me fallait ab-so-lu-ment un jupon en tulle !?! Jamais réalisé depuis bien entendu)

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2. Broderies de fil perlé au point droit pour les ronds pleins. J’ai choisi le DMC perlé car son côté soyeux traduit bien la brillance des « tesselles » (nom des petits morceaux de verre d’une mosaïque).

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3. Broderies au point arrière pour les cercles toujours en perlé mais avec adjonction de fil d’or (très « arghhh » à travailler soit dit en passant).

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4. Pose de paillettes et de perles de rocaille dorées pour la brillance certes mais un peu aussi pour le relief.

Ce projet n’est pas le florilège le plus exhaustif de points de broderie qui soit et j’entends la frustration des brodeuses les plus aguerries mais, comme vous l’aurez compris, ce n’était pas vraiment mon sujet ici. Je cherchais plutôt à faire scintiller mes fils.

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Si vous voulez en savoir plus sur Odorico, voici les deux livres qui m’ont aidés à illustrer ce billet :

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J’avais d’ailleurs eu l’occasion de leur rendre un premier hommage dans ce billet (si vous passez à Rennes, vous y trouverez un super plan de ballade spécialement dédiée aux œuvres Odorico !)

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Pour conclure, je me suis véritablement éclatée à travailler sur ce projet. C’est déjà super de pouvoir coudre soi-même ses vêtements mais c’est encore plus savoureux de commencer à se faire des pièces uniques. La broderie invite à s’emparer des patrons aux coupes les plus simples pour leur faire dire quelque chose de personnel et c’est réjouissant !

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